
Y’avait une vieille chienne dans l’étable, quand j’tais p’tite, qui a eu vingt bébés chiots... Plus y sont vieilles, les chiennes, plus y’ont gros dé chiots. Plus y sont vieilles lé chiennes, plus lé bébés sont beaux. On avait une belle chienne, de race bâtard, quasiment rose, avec du poil long. J’m’étais évachée su l’ciment à terre dans l’étable à côté d’la chienne, même si j’savais que ma bonne mère me f’rait licher la crasse qui rest’rait su ma robe… J’jouais avec lé ti chiots, j’la flattais, la chienne, longtemps, j’la r’gardais dins yeux pis j’y embrassais l’museau, j’la flattais encore, je r’jouais avec lé bébés chiens pis là, a m’lichait dans face longtemps. Lé chiens ont besoin de beaucoup d’affection. Cé pour ça qu’y s’entendent bien avec les humains. Lé chiens, lé humains, ça rime pis cé beau. Quand la vieille chienne me lichait dans face, j’me sentais p’tite comme un ti chiot. Pis j’me sentais belle comme un ti chiot. Ma peau grasse s’transformait en belle peluche.